Brou de noix

Walnut

Pour teindre au brou de noix, il faut de la patience. Planter l’arbre, le regarder pousser, laisser passer les années. Ça fait déjà beaucoup. La récolte du brou, qui est l’enveloppe du fruit, ne doit prétériter celle des noix. Au printemps parfois, de petites sphères immatures tombent: on en détache le brou, qui donnera des tons verts un peu gris. A l’automne on sépare cette enveloppe des noix mûres, emportant des tons fauve ou brun – mais pas illico, pensez-vous! Pour teindre au brou de noix, il faut de la patience ; et aussi un grand plat, dans lequel installer la récolte, ajouter de l’eau pour la couvrir à peine. Et là? Attendre – oh, plus tant que ça : un an ou deux, le temps de fermenter… Tel quel, ça colore les bois en marron foncé. Mais il s’agit de teindre des écheveaux! La recette? D’abord filtrer le brou de noix fermenté, le diluer selon la teinte désirée, puis faire chauffer pendant une heure à quatre-vingt degrés les fils convoités. Facile, non toxique, sans mordançage aux sels métalliques: il faut simplement un brin de patience, comme vous le constatez.

Text: Odile Cornuz
Illustration: Anne-Marie Lendi