Chêne

Oak

« Mon copain le chêne, mon alter ego » chante Brassens et voici proximité et majesté de cet arbre mêlées en nos cultures. Les Grecs à Domone écoutent l’oracle rendu par le vent dans ses feuilles. Les Romains l’associent à Jupiter. Les Gaulois cueillent le gui en ses branches, destiné aux rituels. Et pour la teinture? De l’écorce on extrait du tanin, réduit en poudre: voici le tan (du gaulois tann, chêne), utilisé pour le tannage des cuirs et la teinturerie. Des tanins de tan pour tanner? Exactement. Mais les cupules de certains glands, comme les galles, sont aussi exploitées. Voyez ces galles: drôles d’excroissances poussées là, à cause d’un hyménoptère pondeur. Elles créent un des plus beaux noirs végétaux. Combinées au vitriol elle se muent aussi en encre sombre. Ou encore elles contribuent au tanin officinal: contrepoison, astringent, hémostatique, voire antituberculeux. Que de vertus! Frotté au cuir, teintant les textiles, révélant l’écriture, soignant les douleurs… Pourtant La Fontaine réserve un sort cruel au chêne présomptueux. Le roseau, auquel il vante sa solidité, lui répond: « je plie mais ne romps pas ». Une bourrasque plus tard, le chêne est déraciné. Moralité?

Text: Odile Cornuz
Illustration: Anne-Marie Lendi

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